Invitésur le plateau de L'instant de Luxe, le vendredi 20 novembre 2020, Mathieu Johann s'est confié sur rupture "très dure" avec Clémence Castel, l1 Translationsin context of "J'avais perdu l'envie" in French-English from Reverso Context: J'avais perdu l'envie de vivre Translation Spell check Synonyms Conjugation. More. Conjugation Documents Grammar Dictionary Expressio. Reverso for Windows. Log in. Register Log in Connect with Facebook Connect with Google Connect with Apple. Reverso Premium. en. العربية Deutsch Crisesde vie, perte de goût à la vie, détresse, prévention suicide. Une crise de vie survient généralement suite à un fait déclencheur (divorce, séparation, licenciement, deuil, accident de santé) qui peut être exacerbé par le passage des 40 ou 50 ans par ex. Une perte de goût à la vie peut aussi être liée à un fait déclencheur (échec, deuil, licenciement.). Lablessure d'amour propre peut être si vive, que certains en viennent presque à perdre toute estime d'eux-même, et jusqu'au goût de vivre. "J'ai raté mon bac avec 9,5, a écrit Khalid sur nos forums. Quelle agonie ! Le plus grave, c'est que tout mes amis l'ont eu sauf moi. Je préfère mourir que refaire une année !" WfC0BC. La peur de perdre est présente un peu partout, dans toutes les sphères et à tous les niveaux de notre vie. Longtemps j’ai eu peur, de tout et de rien. Peur de perdre un proche, perdre mon amour, perdre mon travail, la santé, perdre la tête, perdre mon confort, ma routine, perdre des objets auxquels je tiens. Perdre la vie. Le résultat de cette peur omniprésente chez moi cela a été la volonté de tout contrôler, la crispation, le stress permanent et puis finalement l’attentisme. Pendant de longs mois je n’ai pas pris de décisions pour ne pas avoir de changements à faire, j’ai eu peur à chaque appel de mes proches en pensant toujours à une mauvaise nouvelle, j’ai eu peur à chaque fois que l’amoureux claquait la porte de l’appartement derrière lui ou encore à chaque appel d’un numéro inconnu sur mon téléphone. Et puis le déclic Un jour j’ai repensé à une amie qui m’a dit une phrase très juste La peur n’empêche pas le danger ». Ce jour-là cette phrase n’avait pas fait tilt. Je m’étais contentée de hausser les épaules en répliquant que peut-être mais j’ai peur quand même ». Et puis cette phrase est revenue en force dans ma tête il y a deux ans maintenant et cela a été un vrai tournant. Est ce que notre peur de perdre quelque chose nous a déjà préservé de perdre cette chose ? En effet, avoir peur de mourir n’a jamais rendu personne immortel, avoir peur d’être malade ne renforce pas nos défenses immunitaires et avoir peur de perdre son emploi ne garantit pas un job à vie [ etc. ]. Bien sur la peur peut nous permettre d’être plus prudent. La peur c’est aussi une forme de protection qui est d’ailleurs souvent salvatrice. Mais certaines choses échappent à notre contrôle, à notre volonté, à nos décisions. Et dans ce cas la peur ne sert à rien, sauf à empêcher de vivre, pleinement. J’aime beaucoup cette phrase Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux et la sagesse de distinguer les premières des secondes » Marc Aurèle. Cela marche tout à fait avec la peur. La première chose que je fais donc lorsque j’ai peur de quelque chose c’est de me demander si j’ai un poids sur cette chose, si je peux y changer quelque chose, si elle résulte d’une de mes décisions ou si au contraire elle échappe totalement à ma volonté. Dans le premier cas j’essaye de tout mettre en place pour que cela se passe le mieux possible OU je prends une autre décision Dans le second je lâche prise. Parce que tout simplement, il n’y a rien d’autre à faire. Vous allez me dire ” ça parait simple mais ça ne l’est pas “. C’est vrai. Et à la fois le simple fait de me poser cette question à chaque évènement difficile / chaque imprévu ou chose qui n’allait pas comme il faut a littéralement changé ma vie. Oui parfois on a peur, non on ne maîtrise pas tout, mais c’est en cela que la vie est chouette non ? Alors on se lance, on se jette dans le monde ! EnVie de Vivre Retrouver l'envie de vivre Envoyez vos témoignages et remarques à contact Accueil Témoignages Que faire pour aider Pourquoi ... ? Humour sur le paradis Questions-réponses Contact EXPERIENCES DE PERTE D'ENVIE DE VIVRE DESCOLARISE Sortir brutalement d'une déscolarisation de 3 ans ENVIE DE MOURIR QUE FAIRE retrouver la joie aprés 2 TS CAUSE D'UN SUICIDE Créer SOS Suicide pour réparer TRANSFORMEE A LOURDES PRESENCE DIVINE Sorti de déprime au cours d'une prière LES AUTRES PLUS LUS Déscolarisation que faire Plus envie de vivre, que faire Aider les suicidaires POURQUOI JE N'AI PAS ENVIE DE VIVRE Questions que je peux me poser quand j'ai perdu l'envie de vivre PERDRE L'ENVIE DE VIVRE ; en cas d'autres interrogations, n'hésitez pas à nous les faire parvenir à contact Merci à ceux qui l'ont déjà fait POURQUOI LA VIE EST ... Pourquoi la vie est si injuste Pourquoi la vie est si dure Pourquoi la vie est si compliquée Pourquoi la vie est si triste Pourquoi les autres m'empoisonnent la vie Pourquoi les autres disent toujours du mal de moi La vie était mieux avant Envie de vivre en harmonie, comment Pourquoi ne pas voir les choses différemment dans la vie Pour les croyants POURQUOI DIEU ... Pourquoi Dieu ne m'aime pas Pourquoi Dieu laisse le mal L'enfer existe-t-il ? Pourquoi Dieu l'a créé Pourquoi un nouveau commandement d'amour Pourquoi Dieu nous a mis sur terre Pourquoi la souffrance si Dieu existe Dieu tout-puissant a créé un monde imparfait ? Science et religion Pourquoi Dieu ne m'aide pas Pourquoi Dieu se cache Pourquoi obéir à Dieu Pourquoi Dieu ne me répond pas Pourquoi dieu me punit Pourquoi Dieu me laisse souffrir Pourquoi Dieu m'a abandonné Pourquoi Dieu s'acharne sur moi Pourquoi Dieu ne détruit pas Satan Dieu permet la violence? Pourquoi Dieu m'éprouve Pourquoi Jésus est mort Pourquoi l'Islam nie la mort de Jésus Dieu existe-t-il, preuve? Pourquoi Dieu n'exauce pas mes prières Pourquoi Jésus a souffert Et aussi quelques textes médités Richesse de la parabole de l'enfant prodigue Paraboles des talents Sacrifice d'Issac Ta foi t'a sauvé Bible création du monde Bible création de la femme Bon samaritain Suite du commentaire du bon samaritain Guérison des 10 lépreux Jésus et la samaritaine parabole de l'ivraie Pour les croyants COMMENT DIEU ... Que faire pour comprendre l'amour de Dieu saisir abaissement Comment Dieu guide Comment Dieu agit Comment prier Dieu efficacement Comment Dieu a créé le monde Comment peut-on aimer Dieu Comment est l'amour de Dieu pour moi comment parler de Dieu Comment lire la Bible efficacement avoir la foi c'est quoi croire en quel Dieu bases de la foi chrétienne Foi, espérance et charité Foi et certitude Dieu ou Allah? sdominick via Getty Images Aujourd’hui, alors que je débute ma troisième hospitalisation, soutenue par mes proches et aidée par mes mais aussi par mes médicaments, je vais mieux, nettement mieux. Je me tiens debout et j’ai envie de rentrer chez moi. sdominick via Getty Images DÉPRESSION — À nous tou souffrantes, malheureuxses, terrorisées, apathiques ou résignées, À celles et ceux qui traversent leur première crise suicidaire et à celles et ceux qui ne les comptent plus, Aux incomprises qui n’espèrent même plus être ramenées du côté de la vie, À celles et ceux qui ont besoin d’entendre encore une fois qu’il y a bien une lumière au bout du tunnel, À mes soignantes, À vous, qui n’avez jamais cessé d’y croire quand je n’en étais plus capable, À toi qui, en me tenant la main, m’as sauvé la vie, Et à celle que je serai et qui rechutera peut-être un jour. “Nous savons que l’on peut guérir d’une dépression, et ce, même sans séquelles”. Une pulsion de vie m’a envahie lorsque ma psychiatre a prononcé ces mots à l’issue de mon second séjour en clinique psychiatrique. Je voulais désespérément vivre et cesser de survivre. Premières idées noires et crises suicidaires après 20 ans Sur le papier, mon parcours a été un “sans-faute”. J’avais tout pour moi, des amies, des amantes, une famille aimante, une joie de vivre en toute circonstance, un parcours académique et professionnel brillant. J’aurais dû être diplomate. J’aurais dû me caser avec une collègue et m’expatrier dans un pays où il aurait fait bon vivre. J’aurais dû mettre assez de côté avant mes 30 ans et devenir propriétaire d’un “charmant T3 en proche banlieue parisienne” et me dire “chanceuse parce que, tu te rends compte, on a même un petit balcon qui donne sur un parc”. La belle vie quoi. Mais à 24 ans, j’ai traversé l’enfer et j’aurais surtout dû mourir. Mes premières idées noires sont apparues l’année de mes 23 ans. Je me suis réveillée une nuit en panique après un cauchemar où je m’étais vue mourir. Je m’étais jetée dans la gueule du loup et je m’étais laissée me faire tuer, sans me débattre, sans un mot, attendant simplement la fin, l’esprit enfin apaisé. Je me suis réveillée terrorisée. Comment avais-je pu me sentir si soulagée et libérée par cette idée de mourir? Dès lors, les cauchemars se sont multipliés. Quand je ne mourais pas en silence, parfois même au milieu d’une foule, mais toujours dans l’invisibilité la plus totale, je me faisais violenter, juste assez pour ne pas mourir, juste assez pour souffrir encore un peu plus. Mes premières crises suicidaires sont apparues peu après. Je n’avais pas encore 24 ans et je voulais désespérément mourir. Enfin, je croyais que c’était ce que je voulais, mais je voulais juste arrêter de souffrir. Je préférais ne plus jamais rien ressentir que de continuer à ressentir ça. La souffrance avait atteint un tel stade que la mort m’apparaissait comme le seul moyen de trouver une issue à ces crises qui s’éternisaient à chaque fois toujours un peu plus. Pour autant, l’idée de mourir ne m’est jamais apparue comme attrayante, elle me terrifiait tout autant que de continuer à vivre ma vie où je me sentais prise au piège d’un incendie qui me tuait à petit feu. Chaque jour qui passait j’avais l’impression de toucher un peu plus le fond, que j’étais coincée dans un puits sans fond. La douleur, aussi bien psychique que physique, s’amplifiait. Je me laissais mourir, je n’arrivais plus à m’alimenter, à me concentrer, à bouger, à échanger, à aimer, à avoir hâte, ni à pouvoir, ni même à vouloir. J’ai essayé d’habituer les autres à mon absence, en vain. Je leur en ai voulu de m’aimer autant, de s’inquiéter autant pour moi. Je me disais que s’iels m’aimaient vraiment, iels me laisseraient partir et ne m’en voudraient pas. Est donc venu assez naturellement le temps de la rédaction de mes lettres d’adieux, la disparition des réseaux sociaux, la préparation de mes obsèques allant même jusque dans le choix des musiques, le scénario de la chute du haut du sixième étage et bientôt ou plutôt enfin le répit salvateur. Mourir fait partie de la vie et me tuer ne m’aurait pas permis d’anéantir mon existence. Même morte, celle-ci n’aurait jamais vraiment été effacée, j’aurais continué d’exister à travers les souvenirs et à travers autrui. Le suicide n’est pas un acte égoïste, ni une solution de facilité, ni un choix. Le suicide n’est autre que la victoire d’une maladie sur l’être humain. J’ai réussi jusque-là, non sans mal, à ne pas me faire emporter, il aurait pourtant suffi d’un court instant. Je pensais à celui ou à celle qui allait assister à ma chute et à ses dix ans de thérapie derrière pour tenter d’effacer ce traumatisme. Je pensais à la voiture de mes voisines qui risquait de prendre un sacré coup si mes calculs n’étaient pas bons. Je pensais aux ambulancieres, aux policieres, à la mobilisation de tant de fonds publics; à tout ce monde attroupé autour de moi alors que tout ce dont je rêvais était d’être invisible. Comment peut-on avoir si peu d’estime de soi? Comment peut-on, dans un tel état de souffrance, avoir la lucidité de se soucier autant de tout et de toutes sauf de soi? Mais je pensais avant tout aux ravages que j’aurais causés au sein de ma famille et parmi mes amies, à combien iels ne méritaient pas d’endurer cette profonde tristesse qu’aurait causé ma mort. Personne ne mérite pareil chagrin. Mais au fond, ce n’était pas vraiment le sujet. J’avais toujours aimé profondément les choses de la vie et l’humain dans toute rencontre. Pourtant, j’avais cette colère si grande envers l’humanité que cela me rongeait et s’infiltrait dans chacun de mes pores m’emmenant irrémédiablement vers la mort. Je ne comprenais pas l’intérêt de l’existence, l’intérêt d’être née. Je ne comprenais pas pourquoi on devait endurer la douleur et être confronté à la violence et à l’injustice qui gangrènent ce monde ainsi qu’à la déchéance de l’humanité quand tout pouvait s’arrêter “simplement”. Nous sommes nés. Pour mourir. En attendant, il faut bien vivre disait Jean d’Ormesson. Mais à quoi bon vivre après tout? J’aurais peut-être aimé ne jamais exister, ne jamais ”être”, ne jamais manquer à quiconque. J’ai longtemps vu le suicide comme la seule et unique issue à mon mal-être si profond, à mon ”à-quoi-bonisme”. Mais mourir fait partie de la vie et me tuer ne m’aurait pas permis d’anéantir mon existence. Même morte, celle-ci n’aurait jamais vraiment été effacée, j’aurais continué d’exister à travers les souvenirs et à travers autrui. Hospitalisation en urgence Mi-décembre, accompagné par celui à qui je dois tout, j’ai été hospitalisée en urgence. Je le revois quitter l’unité de crise où j’étais, enfermée pendant une semaine. Je ne comprenais plus ce qu’il m’arrivait, j’étais vide. Je ne me sentais plus en vie et pourtant la souffrance que j’endurais m’y raccrochait. Je voulais que l’on m’aide à mourir et je voulais avoir la validation des soignantes. Mais la seule réponse que les médecins me donnaient était “on ne peut que vous aider dans la vie, on ne peut pas vous accompagner dans la mort”. Je leur en ai tant voulu pour cela. Je me sentais incomprise, je ne me sentais pas écoutée. J’estimais qu’une médecin devait faire ce qui était le mieux pour sa patiente et qu’il n’y avait que cette dernière qui pouvait savoir ce qui était le mieux pour elle. Je n’étais plus capable de rien, ni même de “choisir” ma propre mort. J’avais l’impression d’être maintenue en vie pour des raisons morales alors que j’étais profondément persuadée que j’aurais été mieux morte. Fin décembre, ne supportant toujours plus de survivre ainsi, j’ai fait le choix de me faire hospitaliser de nouveau. Comme pour me rassurer de bien rentrer dans des cases, je prenais connaissance de mon diagnostic dans des termes médicaux. Je souffrais d’un “ épisode dépressif sévère sans symptômes psychotiques” et d’une “ anxiété généralisée” qui se traduisait — pour reprendre les termes exacts – par une tristesse de type mélancoliforme, une anxiété profonde, un sentiment de désespoir et des ruminations suicidaires. À mi-parcours, celles-ci ont resurgi avec une force démesurée. Je n’avais jamais connu pareille douleur, je n’avais jamais autant souffert, je ne m’étais jamais sentie aussi morte tout en étant techniquement en vie, alors je les suppliais de me laisser mourir. Craignant un raptus suicidaire, on m’a enfermée et placée sous surveillance contre mon gré pendant 24 heures. J’aurais peut-être pu, pendant ce temps, me donner la mort, ou du moins tenter de le faire. Alors pourquoi ne l’ai-je pas fait? Qu’est-ce qui m’a retenue? J’ai dû puiser dans le plus profond de mon être pour me rappeler que je n’avais pas fondamentalement envie de mourir. Mais pourquoi est-ce que le prix à payer était si fort? Pourquoi ma tête me faisait-elle vivre dans cet enfer permanent? Pourquoi me faisait-elle toucher du doigt la mort sans jamais me laisser l’embrasser? Mais cette tentative de suicide précipitée n’aurait pas été assez bien préparée, ni cadrée, ni calculée. Aurais-je été sauvée par mon perfectionnisme maladif et mon besoin de tout contrôler? Triste bonne nouvelle. Une rencontre Lors de cette hospitalisation, j’ai fait une rencontre. Nous nous connaissions à peine et pourtant, je ne m’étais jamais sentie aussi comprise que par lui. Nous avions une histoire différente et pourtant, nous partagions la même vision du monde et de l’humanité, les mêmes angoisses existentielles, le même mode de fonctionnement. Cette rencontre a été libératrice à bien des égards. Je n’étais soudainement plus seule au monde, plus seule contre le monde. Nous passions nos soirées sur un canapé rouge dans un couloir de la clinique à nous ”émerveiller” de la similitude de nos pensées et de nos souffrances. Il disait qu’il aurait donné cher pour connaître les mots qui auraient pu m’apporter un tout petit peu de répit dans ma tête, sans savoir qu’il me l’offrait déjà par sa simple présence. La dépression, une maladie curable, distincte de soi Aujourd’hui, alors que je débute ma troisième hospitalisation, soutenue par mes proches et aidée par mes soignant. e. s mais aussi par mes médicaments, je vais mieux, nettement mieux. Je me tiens debout et j’ai envie de rentrer chez moi. J’intègre et j’accepte peu à peu l’idée que je ne suis pas intrinsèquement dépressive mais que je souffre d’une dépression, une maladie potentiellement mortelle, mais curable et qui est distincte de ma personne. Pour autant, la souffrance m’a un temps emmenée si loin du chemin de la vie que je ne sais pas si je serai capable de le rejoindre complètement un jour. Je ne sais pas si je finirai par accepter le fait qu’une fois sortie de l’épisode dépressif sévère, la courbe ne resterait pas indéfiniment linéaire, que je ne trouverai pas de réponse à pourquoi l’existence? Et qu’il allait bien falloir se faire à l’idée que même si je n’ai pas choisi d’être en vie, je suis bel et bien. Alors oui j’ai surpassé cette agonie, j’ai fait preuve d’une force et d’une résilience quasi surhumaines pour combattre ce démon intérieur qui a failli me tuer. Les optimistes diraient que plus rien ne pourra désormais m’atteindre, que plus rien ne sera jamais aussi dur que ce que j’ai enduré. Les pessimistes diraient au contraire que je suis bien trop amochée et — en toute modestie — trop lucide sur la réalité du monde pour pouvoir encore avoir de l’énergie à revendre au profit d’une humanité qui court à sa perte. Même si je souffre encore, même si je ne suis pas encore guérie – et peut-être ne le serai-je même jamais complètement —, aujourd’hui est un bon jour. J’ai envie d’être dans le camp des optimistes. J’ai envie de croire que ce n’est pas qu’une pulsion de vie qui me traverse, mais que c’est bien moi qui reprends le dessus sur ma maladie. J’ai envie de vivre. J’ai envie de vivre plus fort que ça. J’ai envie de ne faire que des choses qui contribueront à mon bien-être et j’ai hâte de ces choses-là. J’ai envie. J’aspire à être heureuse et que rien n’en soit la cause, comme disait Christian Bobin. Mais une partie de moi a peur. Peur des mauvais jours à venir, peur de rechuter, peur de récidiver — surtout quand je me rappelle qu’après un premier épisode dépressif, plus d’un. e patient. e sur deux en fera un deuxième –, peur de ressentir de nouveau ne serait-ce qu’une seconde cette agonie qui m’a rongée des mois durant et qui m’a empêché de croire qu’il y avait une lumière au bout du tunnel. J’ai peur de voir l’instant de répit s’envoler, de n’avoir aucune emprise dessus, de constater avec peine que je suis toujours malade et de voir qu’après tout ce que j’ai traversé je dois encore lutter. J’ai peur de ne plus les avoir pour me rassurer, pour me prendre dans leurs bras afin de m’aider à endurer la douleur et à la surpasser comme iels n’ont cessé de le faire pendant des mois. J’ai peur de ne jamais être capable de me débarrasser de mon trop-plein de médicaments ni de mes lettres d’adieux juste “au cas où”. J’ai peur de la crise de trop. Et même si je me suis prouvé avoir les ressources pour faire face et que je sais qu’elles seront encore là, j’ai peur de ne plus avoir envie de lutter si cette crise finissait par arriver. Alors, si par malheur je suis la triste élue qui donnera raison aux statistiques, aussi naïf soit-il, je me supplie d’avance de me croire quand une partie de moi me répètera qu’il y a bel et bien une fin et que j’aurai de nouveau en -vie. Je suis une malade qui ne pensait pas que c’était possible de revenir des enfers, et pourtant… À voir également sur Le HuffPost Contre la dépression, une clinique canadienne propose de la Kétamine